14/05/2008

Justine

 

UNE CHAMPIONNE SE RETIRE 
 
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Vingt années de passion, dix années sur le circuit, dix années de victoires, de défaites, d’émotions.
Des dizaines de milliers de supporters, des centaines de frissons, des larmes de joie…
Justine, numéro 1 mondiale, immense championne, se retire aujourd’hui en championne, au sommet de son art.
Pour ces moments si forts, pour toutes ces émotions, pour ce partage de ta passion, pour ton tennis si fabuleux, au nom de tous tes supporters, merci Justine, et bon vent Championne dans tes nouvelles aventures !
 
 
 
Voila un exemple de ce qu'ont pouvais lire et dire sur notre championne.
A évènement exceptionnel, post spécial.
 
 
Justine Henin a annoncé officiellement l'arrêt immédiat de sa carrière, mercredi à Limelette en Belgique, deux semaines avant d'avoir 26 ans. Elle souhaite s'investir dans l'académie de tennis pour les jeunes qu'elle a créée dans son pays. Première conséquence : la n°1 mondiale - en tête du classement WTA depuis 117 semaines, série en cours - ne sera pas à Roland Garros, dont elle est la triple tenante du titre. «C'est la fin d'une belle aventure, une page qui se tourne. Je ne ressens pas de tristesse, plutôt un soulagement», a déclaré la Wallonne, confirmant une information qui avait filtré le matin même dans la presse belge mais qui constitue malgré tout une surprise majeure, qui aurait semblé être une farce il y encore très peu de temps.

Finalement, le plus ému visiblement lors de la conférence de presse aura été son entraîneur de toujours, Carlos Rodriguez (Photo Reuters). «C'est un jour difficile autant pour Justine que pour moi», a lâché ce dernier, qui n'a pas pu retenir ses larmes, quand Justine Henin parraissait, elle, plutôt déterminée. «Je sais que c'est un choc pour beaucoup de gens et une surprise aussi mais c'est une décision mûrement réfléchie depuis quelques temps déjà, a ajouté la joueuse aux sept titres dans des tournois du Grand Chelem. C'est un cheminement qui s'est fait dans ma tête depuis déjà quelques mois, peut-être depuis la fin 2007, la fin de quelque chose que j'avais rêvé depuis mes cinq ans.»

«On se rappellera d'elle comme de l'une des plus grandes championnes de tous les temps et d'une femme qui a compensé sa petite taille par une rage de vaincre sans égale», a résumé Larry Scott, le patron du circuit WTA. Une championne : ses 117 semaines au sommet de la hiérarchie mondiale constituent le sixième total de l'histoire derrière Graf, Navratilova, Evert, Hingis et Seles. Une petite taille : avec 1,67m, elle rend 21 cm à Maria Sharapova et 18 à Ana Ivanovic, respectivement n°2 et 3 mondiales. Et il faut descendre jusqu'à la 12e place (occupée par Patty Schnyder) pour retrouver une joueuse à moins de 1,70m. Mais ce physique, d'une résistance à toute épreuve, était au service d'un jeu d'une variété inouie, centré autour d'un revers sublime.
 
 
 
 
 
Justine Henin s'arrêtant à vingt-cinq ans, du haut de sa première place mondiale, c'est à peu près incompréhensible. Heureusement, la Belge a longuement justifié son choix devant la presse, parfois surprenante comme quand elle avoue qu'il «est important» pour elle de se retirer avant d'être dépassée. «Je vais disparaître du classement lundi prochain avec le dossard n°1 et une immense fierté», déclare la Belge avant de résumer son état d'esprit des dernières semaines, sa meilleure raison d'arrêter : «Il me manque la hargne, l'envie, l'amour de ce que je fais.»

«Justine Henin, quand et pourquoi avez-vous pris la décision de stopper votre carrière, à 25 ans seulement ?
Ce n'est pas une décision prise sur un coup de tête. Cela résulte en fait d'un long cheminement. Depuis quelques mois, je ne trouve plus de sens à ce que je fais sur le circuit. Depuis Madrid (sa victoire au Masters fin 2007) en fait. Ma victoire difficile en finale face à Maria Sharapova au terme du match le plus long de la carrière, je l'ai vécue comme l'apothéose de ma carrière. Ce jour-là, je me suis dit que j'avais tout vécu et tout donné. Et je suis arrivée au bout de ma réflexion la semaine dernière à Berlin en constatant que je n'avais plus la flamme. J'ai vraiment voulu m'accrocher mais à Berlin, c'est vraiment devenu une évidence : je n'avais plus envie d'être là.

Est-ce une décision sans appel ?
C'est une décision ferme même si certains vont penser le contraire. Je sais que c'est un choc pour beaucoup mais je pars sans regret, avec soulagement. Il m'a fallu du courage car je sais qu'il y a des choses qui me manqueront.

Vous vous en allez en qualité de n°1 mondiale. Cela était voulu ?
Oui, c'est important. Je suis une gagneuse. C'est mon caractère. J'aurais très mal vécu le fait de redescendre au classement. Je vais disparaître du classement lundi prochain avec le dossard n°1 et une immense fierté. C'est peut-être unique dans l'histoire du tennis. C'est très important pour moi, merveilleux.

Votre décision aurait-elle été différente si vous aviez réalisé de meilleurs résultats ces dernières semaines ?
Mais je n'aurais vraiment pas pu réaliser de meilleurs résultats. Depuis le début de l'année, je rame, et tout le monde le voit. Il me manque la hargne, l'envie, l'amour de ce que je fais. Sans tout cela, je n'avance plus.

N'aviez-vous plus envie de gagner Wimbledon pour la première fois ou de conserver votre titre olympique à Pékin ?
Ce n'était pas des défis suffisants pour me faire poursuivre ma carrière. Gagner Wimbledon ne m'aurait pas rendue plus heureuse. Tout ce dont j'ai rêvé, je l'ai accompli. Et personne ne peut me forcer à aimer Wimbledon.

Avez-vous pris conseil auprès de votre entourage ou auprès de votre idole et amie Steffi Graf avant de prendre votre décision ?
Mon entourage, Carlos (Rodriguez, son entraîneur) en premier, savait que quelque chose s'était cassé ces derniers mois. Mais j'ai pris ma décision seule. Sans regret. Quand à Steffi, elle m'a téléphoné hier (mardi) soir. Elle n'était pas au courant de mon projet. Je le lui ai dit et elle a été surprise. Mais elle m'a de suite félicitée pour ma carrière. C'était sympa.

Quel est votre meilleur souvenir, votre plus beau succès ?
Je ne veux pas parler d'un tournoi ou d'un match en particulier. Ma plus grande fierté, c'est d'avoir donné de l'émotion à des tas de gens. C'est pour cela que je faisais du tennis, pas pour la gloire ou pour être célèbre. Mais pour partager des moments joyeux ou moins joyeux. Echanger des regards avec mes proches après un point gagnant, par exemple.

Quel souvenir désirez-vous laisser ?
Celui que j'étais une joueuse différente : la petite qui venait défier les grandes. C'est une fierté. Même si je sais que si j'arrête si tôt, à 25 ans, c'est aussi à cause de cela. Je me suis usée.

Quels sont vos projets désormais ?
J'espère avoir des enfants lorsque j'aurai trouvé la bonne personne pour fonder une famille, même si ce n'est pas une urgence. Ca viendra quand ça viendra. Il y a aussi ma fondation (Les vingt coeurs de Justine, qui vient en aide aux enfants malades,) et mon école de tennis. J'aimerais aussi voyager, pour le plaisir enfin. J'ai plein de choses à vivre. Je vais pouvoir respirer». (Avec AFP, Photo L'Equipe))
 
 
 
 
Voici quelques réactions dans le monde du Tennis.
 
Amélie Mauresmo (FRA): «J'étais surprise comme tout le monde. A aucun moment elle n'avait exprimé une sorte de lassitude. La question que je me pose, c'est pourquoi elle ne fait pas un break. C'est vrai qu'avec son mode de fonctionnement - beaucoup d'investissement dans le jeu, mais aussi beaucoup de crispation et de peur -, on peut comprendre que la lassitude s'installe. Ca lui a coûté énormément d'énergie et, comme elle a tout gagné, elle ne devait plus avoir envie de faire tous ces efforts. Ce que je retiendrai d'elle en premier, c'est sa combativité et son refus de la défaite. Elle a prouvé d'elle-même, avec son gabarit et son style, qu'on pouvait gagner tous ces tournois sans forcément servir à 200 km/h. Dans le tennis féminin actuel, c'est plutôt rare. Pour moi, c'était une adversaire importante. J'ai gagné mes deux titres du Grand Chelem contre elle (en finale de l'Open d'Australie et de Wimbledon 2006). Elle aura marqué ma carrière. Je ne pensais pas qu'elle allait arrêter avant moi, ça c'est sûr. Ce sera étrange de ne plus la voir sur le circuit. Mais moi, ça ne me donne pas l'idée d'arrêter. J'ai toujours envie.»

Roger Federer (SUI) : «C'est un choc pour le monde du tennis. C'est vraiment dommage car c'est une joueuse rare, capable de bien jouer sur toutes les surfaces, ce qui est inhabituel sur le circuit féminin. (...) Je prends beaucoup de plaisir sur les courts de tennis en ce moment, mais je préférerais prendre une année sabbatique si tout devenait trop difficile, plutôt que de dire d'un seul coup "J'arrête" (...) Je suis sûr qu'elle a ses raisons, mais c'est particulièrement surprenant alors qu'on est seulement à quelques semaines de Roland-Garros, où elle a tellement eu de succès, et de Wimbledon qu'elle n'a jamais gagné. Ce qui est remarquable, c'est qu'elle a remporté tant de tournois alors qu'elle n'est pas très grande et que toutes les nouvelles venues sur le circuit sont grandes et ont donc un avantage sur elle.» (AFP)

Emile Loit (FRA) : «C'est très dommage pour le tennis féminin. C'était la seule du Top 10 ou presque à avoir un jeu varié. C'est une page qui se tourne, notamment pour le tennis belge, peu après l'arrêt de Kim Clijsters. Je suis vraiment surprise, surtout à quinze jours de Roland-Garros, son tournoi fétiche. Son début d'année était très loin de ses espérances mais elle avait deux semaines pour se préparer. Physiquement, elle n'était pas très en forme mais elle a un bon fond de base. Elle aurait pu arriver pas trop mal à Roland et le tableau permet de monter crescendo en puissance, avec un jour de repos entre chaque match. C'était déjà difficile de faire un pronostic alors maintenant...» X.C.

Serena Williams (USA) : «Elle a été une grande championne et m'a donné énormément de fil à retordre, je lui souhaite le meilleur pour la suite.»

Venus Williams (USA) : «Que puis-je dire à propos d'une telle championne ? Je ne pense pas que nous ayons assez de temps devant nous. C'était une adversaire redoutable. Elle se lançait des défis à chaque match pour toujours jouer son meilleur tennis, peu importe les circonstances. C'était une vraie battante.»

Ana Ivanovic (SER) : «Je ne connais pas les détails de sa décision, mais si elle l'a prise, c'est qu'elle l'a fait pour son bien. Je lui souhaite de réussir à mener sa vie hors du court aussi bien qu'elle a su le faire raquette en main. Le tennis perd une grande championne, elle a énormément apporté à notre sport. Elle a un jeu totalement différent des autres joueuses... Je suis désolée d'apprendre qu'elle arrête.»

Larry Scott (président de la WTA) : «C'est un triste jour pour le tennis... L'histoire retiendra de Justine non seulement ses sept titres du Grand Chelem et ses trois années terminées au rang de n°1 mondiale, mais aussi son revers, l'un des plus élégants que ce sport ait jamais connu, et sa capacité à surmonter tous les obstacles, sur et en dehors du court. C'est rare qu'un athlète se retire à cet âge et en étant au sommet de son jeu mais Justine a toujours joué selon ses propres règles, au bon sens du terme. On se rappellera d'elle comme de l'une des plus grandes championnes de tous les temps et d'une femme qui a compensé sa petite taille par une rage de vaincre sans égale.» (AFP)

Jacques Rogge (président du CIO) : «Justine Henin quitte le tennis avec un palmarès prestigieux. Je respecte pleinement son choix même si je vais regretter de ne plus la voir jouer. Justine était plus qu'une championne, elle était une grande personnalité. Elle a su surmonter une jeunesse difficile et un manque relatif de moyens physiques. Elle restera un exemple pour la jeunesse. Je la remercie et lui souhaite beaucoup de bonheur.» (AFP)
 

 

Premier tournoi pro, première victoire

La carrière pro de Justine Henin a démarré de la plus belle des manières en 1999, puisqu'elle remporte le premier tournoi auquel elle participe, à Anvers. Classée à l'époque 178e mondiale et bénéficiant d'une wild-card, elle domine en finale la Française Sarah Pitkowski (6-1, 6-2). Pour son premier Roland-Garros, elle atteint le deuxième tour, et s'offre sa première joueuse du Top 20 (la Russe Anna Kournikova) à Philadelphie. L'année 2000, perturbée par des blessures, fut comparativement moins riche, même si Henin atteint les huitièmes de finale de l'US Open.

C'est en 2001 que la carrière de la Belge décolle vraiment. Trois titres (Gold Coast, Canberra et 's-Hertogenbosch), et trois finales, dont celle de Wimbledon (battue par Venus Williams), quelques semaines après une demi-finale à Roland-Garros (battue par Kim Clijsters). Elle commence la saison à la 45e place pour la finir à la 7e. Cerise sur le gâteau, elle mène la Belgique à la victoire en Fed Cup. Une étape de plus est franchie en 2002 avec la première victoire dans un Tier 1, à Berlin, à laquelle s'ajoute celle à Linz. Une demi-finale à Wimbledon et un quart en Australie complètent le tableau et la Belge gagne encore deux rangs au classement, pour finir l'année 5e.

La progression se poursuit en 2003 puisque pour la première fois de sa carrière, Justine Henin soulève un trophée du Grand Chelem. Geste qui se répétera deux fois, à Roland-Garros et à l'US Open (bat Kim Clijsters en finale les deux fois). Elle atteint également les demi-finales en Australie et à Wimbledon. A ces deux titres majeurs s'ajoutent six autres succès (Dubaï, Charleston, Berlin, San Diego, Toronto et Zurich). La joueuse prouve ainsi sa polyvalence, qui est récompensée à la fin de la saison par la première place mondiale.

De nombreux soucis de santé

La saison suivante démarre sur le même rythme, puisque la Belge s'impose à Sydney et Melbourne, devenant la neuvième joueuse à remporter trois Majeurs de suite. La suite de son année sera largement perturbée par un virus, mais elle parvient tout de même à gagner deux titres de plus sur le circuit (Dubaï et Indian Wells), atteint le 22 mars le plus haut classement WTA de l'histoire (7626 pts) et pour son retour à la compétition en août, après deux mois d'absence, décroche le titre olympique en dominant Amélie Mauresmo en finale. Seule ombre au tableau, elle perd sa première place mondiale.

La santé de la Belge ne s'arrange pas en 2005 puisqu'elle se blesse au genou et manque les trois premiers mois de compétition. Mais son retour est tonitruant, surtout sur terre battue où elle enchaîne 24 victoires consécutives et remporte quatre tournois (Charleston, Varsovie, Berlin et Roland-Garros [bat Mary Pierce]), ses seuls titres de la saison. Elle est aussi la première joueuse lauréate de Roland-Garros à s'incliner au premier tour de Wimbledon (contre Daniilidou). Elle retrouve néanmoins le Top 5 en cours d'année, mais finit à la sixième place après avoir dû déclarer forfait pour plusieurs tournois.

Le retour au premier plan

L'année 2006 marque son retour tout en haut de l'affiche. Enfin débarrassée de ses ennuis de santé, Justine Henin peut, à 23 ans, laisser libre cours à son talent. Six titres glanés, dont Roland-Garros, où elle devient la première depuis Arantxa Sanchez en 1994 à s'imposer sans perdre un set, et le Masters (plus Sydney, Dubaï, Eastbourne et New Heaven). Grâce en plus à ses trois finales en Australie, à Wimbledon et à l'US Open, c'est tout naturellement qu'elle retrouve la place de n°1 mondiale.

Si la saison 2006 a été excellente, la suivante est phénoménale. La Belge remporte 10 des 14 tournois auxquels elle participe, et devient la première joueuse à gagner plus de 5 millions de dollars sur une année (5 429 000). Elle gagne deux Grands Chelems, ses sixième et septième. Roland-Garros tout d'abord, où elle s'impose pour la troisième fois de suite, égalant Monica Seles (1990-1992), l'US Open ensuite, contre la Russe Svetlana Kuznetsova en finale, après avoir éliminé les deux soeurs Williams. S'ajoutent donc huit autres titres (Doha, Dubaï, Varsovie, Eastbourne, Toronto, Stuttgart, Zurich et le Masters) et une demi-finale à Wimbledon, pour un total de 63 victoires et seulement 4 défaites.
 
 
 
 
 
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22:37 Écrit par Rony | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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